L'inscription
J'entends parler du don de moelle osseuse pour la première fois à l'âge de 19 ans en allant donner mon sang à Brest où je suis étudiant. Un ami inscrit comme donneur m'en reparle quelques mois plus tard et je décide de me lancer.
Je prends donc rendez-vous à l'Établissement Français du Sang, où je rencontre un médecin biologiste qui m'explique la procédure, notamment les deux types de prélèvements possibles, vérifie que je n'ai pas de contre-indication au don et me prescrit une prise de sang pour identifier les marqueurs spécifiques de ma moelle.
1 mois plus tard on me confirme que je suis inscrit sur le fichier des donneurs et que je peux donc dorénavant être appelé pour un don. On insiste bien sur le fait de ne pas oublier de communiquer mes changements d'adresse et de téléphone par la suite.
Je continue ma vie sans trop y penser. Je reçois juste un mail de rappel tous les ans qui me confirme que je suis inscrit sur le registre des donneurs.
Le recrutement
3 ans après mon inscription, je reçois un appel du médecin biologiste de Brest qui m'explique qu'un patient allemand ayant besoin d'une greffe est potentiellement compatible avec moi (on ne me précise ni son nom, ni sa ville, ni sa maladie). Il me demande si je suis toujours d'accord pour faire un don.
Passé l'effet de surprise, je confirme que je suis toujours volontaire et j'ai donc rendez-vous une semaine plus tard à l'hôpital Morvan où on me fait une prise de sang qui est envoyée en Allemagne pour confirmer que je suis compatible.
Quelques semaines plus tard la nouvelle tombe : je suis compatible et le patient a besoin de cellules médullaires prélevées directement dans l'os.
Tout s'organise alors rapidement : nouveau bilan sanguin, consultation avec la médecin hématologue qui fera le prélèvement, consultation avec le médecin anesthésiste qui m'endormira, et même un rendez-vous au tribunal pour confirmer que je fais ce don en toute liberté.
Le prélèvement par ponction du bassin
C'est le grand jour, rendez-vous au bloc opératoire pour le prélèvement de moelle osseuse par ponction de l'os du bassin. C'est sous anesthésie générale et je ne me souviens que du réveil à la fin de l'intervention.
On me garde une nuit en surveillance à l'hôpital et je peux rentrer chez moi le lendemain matin. J'ai des petites douleurs au bassin pendant quelques jours, comme des bleus après une chute, mais ce n'est pas grand chose.
En pratique
- Bloc opératoire sous anesthésie générale
- Une nuit de surveillance à l'hôpital
- Retour à domicile le lendemain matin
- Légères douleurs au bassin quelques jours, sans gravité
Le prélèvement par aphérèse
L'histoire ne s'arrête pas là puisque 1 mois plus tard le téléphone sonne à nouveau. Ce n'est pas fréquent (10 % des cas) mais le patient allemand a besoin d'un deuxième prélèvement pour aider la greffe à prendre.
Cette fois-ci un prélèvement par aphérèse est organisé : je prends pendant 5 jours un médicament qui stimule la production des cellules de la moelle osseuse et leur passage dans le sang. J'ai ensuite rendez-vous à l'EFS pour le prélèvement qui est similaire à un don de plaquettes : 2-3 heures de prélèvements, un goûter obligatoire à la fin et retour à la maison.
En pratique
- 5 jours de traitement médicamenteux stimulant avant le prélèvement
- Prélèvement à l'EFS, similaire à un don de plaquettes
- 2 à 3 heures de prélèvement
- Retour à domicile le jour même
Cette fois-ci c'est terminé : un donneur ne peut être sollicité que pour un patient. Je ne suis donc plus inscrit sur le registre des donneurs.
Une expérience inoubliable
Je suis très heureux d'avoir eu l'occasion de faire ce don, d'abord pour le patient que j'ai pu aider et ensuite pour l'expérience vécue : j'ai pu apprendre plein de choses auprès de professionnels passionnés par leur métier.
— M., donneur anonyme
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Vous avez entre 18 et 35 ans ? Un simple prélèvement de salive suffit pour rejoindre le registre national et peut-être un jour sauver une vie.
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